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Modèle · Recrutement

Grille d'évaluation d'un commercial : recrutement et entretien annuel

En TPE, un recrutement commercial raté ne coûte pas un salaire : il coûte entre douze et dix-huit mois de trésorerie. Et la cause n'est presque jamais l'incompétence du candidat — c'est l'écart entre le poste vendu en entretien et le poste réel.

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Une grille d'évaluation d'un commercial sert à deux choses, et la deuxième est celle que personne n'assume : évaluer le candidat, et obliger le dirigeant à écrire ce qu'il propose vraiment. Tant que le poste réel n'est pas couché sur le papier — cycle de vente, panier moyen, part de prospection à froid, niveau d'interlocuteur —, aucune note n'a de sens, parce qu'on ne sait pas contre quoi on note.

C'est la mécanique la plus fréquente des échecs de recrutement commercial en TPE. On annonce « vous ferez de la prospection », le candidat entend qu'il y a un fichier, un script, un CRM et un manager pour le briefer. Il arrive, il n'y a rien de tout ça. Au bout de quatre mois il n'a rien signé, il est démoralisé, le dirigeant est persuadé d'avoir mal recruté. Le recrutement n'était pas mauvais : la promesse était fausse.

La grille ci-dessous évalue quatre familles seulement — capacité de prospection, rigueur d'exécution, résistance au refus, compatibilité avec le cycle de vente réel — parce que ce sont les quatre qui déterminent si quelqu'un tiendra dans une structure sans direction commerciale. Elle se remplit en entretien, et elle se réutilise telle quelle douze mois plus tard en évaluation annuelle. Même critères, même échelle : c'est la seule façon de savoir si vous avez recruté juste.

Ce qu'un recrutement commercial raté coûte réellement à une TPE

Faites le calcul une fois, sérieusement, avant de rédiger la moindre annonce. Un commercial à 38 K€ brut annuel coûte environ 55 K€ chargés. Ajoutez la rampe de montée en compétence : sur un cycle de vente de deux à trois mois, personne ne signe avant le cinquième ou sixième mois, c'est mécanique, pas une question de talent. Ajoutez le temps du dirigeant — recrutement, intégration, accompagnement terrain, points hebdomadaires : deux à quatre heures par semaine pendant un semestre, prises sur du temps qui produisait ou qui vendait.

Ajoutez ensuite ce qu'on oublie toujours : le manque à gagner. Pendant que le poste est occupé par quelqu'un qui ne performe pas, le portefeuille confié ne travaille pas, les affaires en cours sont mal suivies, et certaines cibles sont « grillées » par des approches maladroites. Enfin, la séparation elle-même : période d'essai à gérer, ou rupture conventionnelle, ou pire, un départ après un an avec un litige.

L'ordre de grandeur qui revient sur le terrain, tous postes de commercial junior confondus, tourne entre douze et dix-huit mois de trésorerie pour une TPE de moins de vingt personnes. Ce n'est pas une étude, c'est une addition que je refais avec chaque dirigeant qui vient de vivre l'épisode. Elle est presque toujours sous-estimée d'un facteur deux, parce qu'on ne compte que le salaire.

La conséquence pratique est simple : passer six heures à construire une grille et à mener deux entretiens structurés est un investissement dérisoire face au risque. Le vrai coût n'est jamais le temps de recrutement — c'est le temps de non-recrutement d'après.

Et il existe une décision qui coûte encore moins cher : ne pas recruter tout de suite. Si vous ne savez pas encore décrire précisément à qui vous vendez, avec quel argumentaire et à quel taux de transformation, un commercial n'aura rien à exécuter. Il découvrira le métier en même temps que vous découvrirez le vôtre, et vous paierez cet apprentissage deux fois.

Les 6 critères qui prédisent quelque chose — et les 4 qui ne prédisent rien

Commençons par ce qu'il faut jeter. Le charisme en entretien ne prédit rien : l'entretien est une situation de vente, et un bon vendeur vend d'abord son propre profil. Ce qu'on observe alors, c'est sa capacité à réussir un rendez-vous préparé et bienveillant, pas sa capacité à passer quarante appels un mardi matin de novembre. Ce sont deux compétences différentes, et la seconde ne se voit pas en conversation.

Le CV d'un grand groupe ne prédit rien non plus, et il est même souvent un signal contraire. Un commercial venu d'un environnement structuré a travaillé avec des leads entrants, un CRM administré, un marketing qui produisait les supports et un manager qui découpait les objectifs. En TPE, il n'a rien de tout ça. Le passage grand groupe → TPE échoue moins par arrogance que par sidération devant le vide organisationnel.

Le carnet d'adresses promis est la promesse la moins souvent tenue du recrutement commercial. Un carnet appartient à une relation, pas à une personne : il transfère mal, il transfère lentement, et il est souvent contractuellement interdit de le transférer. Recrutez comme s'il n'existait pas ; s'il se matérialise, considérez-le comme un bonus.

L'ancien chiffre d'affaires est le critère le plus trompeur de tous, et c'est pourtant celui que tout le monde note. « J'ai fait 1,2 M€ » ne veut rien dire hors de son contexte : quelle notoriété de marque derrière lui, quel prix, quel niveau de récurrence, quel portefeuille hérité, quelle part de leads entrants ? Le seul chiffre comparable est le volume d'activité : combien d'appels par semaine, combien de rendez-vous obtenus, combien de propositions émises, combien de relances. Le volume et la méthode se transposent ; le CA, non.

Restent six critères qui prédisent réellement la réussite dans une petite structure. Un : la capacité de prospection à froid, la seule compétence non substituable, parce que tout le reste peut être compensé par le dirigeant ou par un outil. Deux : la rigueur d'exécution — tenir un rythme, tenir un fichier, tenir une relance à J+7 sans qu'on le lui rappelle. Trois : la résistance au refus, mesurée par ce que la personne fait de son quatorzième « non » du matin. Quatre : la qualité de découverte, c'est-à-dire la capacité à poser une question qui dérange plutôt qu'à dérouler une plaquette. Cinq : la tenue du prix, la fréquence et l'ampleur des remises consenties. Six : la compatibilité avec le cycle de vente réel — quelqu'un qui a vendu en une visite ne tiendra pas forcément un cycle de six mois à trois interlocuteurs, et l'inverse est vrai.

Noter un commercial : pourquoi une échelle 1-4, et pourquoi on note à deux

Une échelle impaire produit un refuge. Sur 1 à 5, le 3 absorbe tous les critères sur lesquels l'évaluateur n'a pas d'opinion tranchée — et en fin d'entretien vous obtenez une moyenne à 3,1 qui ne dit rien du tout. L'échelle 1 à 4 supprime le milieu : il faut basculer d'un côté ou de l'autre. 1 et 2 sont deux façons de dire non, 3 et 4 deux façons de dire oui. C'est inconfortable, et c'est exactement l'effet recherché.

Une échelle ne vaut cependant que par ses ancrages écrits. Notez avant l'entretien, pour chaque critère, ce que valent concrètement un 1 et un 4 : « 4 = décrit un rythme d'appels chiffré et daté, avec le fichier qu'il utilisait et la façon dont il le mettait à jour ; 1 = parle de prospection sans jamais donner un nombre ». Sans ces repères, deux évaluateurs notent deux choses différentes et la grille redevient une impression déguisée en chiffre.

Noter à deux n'est pas une précaution de grande entreprise, c'est une correction de biais. Le dirigeant qui recrute est en situation de besoin : il a une charge à déléguer, il veut que ça marche, il entend ce qu'il a envie d'entendre. Un second évaluateur — associé, responsable de production, comptable, ou l'intervenant extérieur qui vous accompagne — n'a pas ce besoin. Il n'a pas à être commercial : il a à écouter et à noter selon les mêmes repères.

La règle d'exploitation est plus importante que la moyenne. On ne compare pas les totaux, on compare les écarts : chaque critère où les deux notes diffèrent de deux points ou plus déclenche une discussion, et souvent une question complémentaire au second entretien. Ce sont ces écarts qui contiennent l'information, pas le score global.

Dernier point de méthode : posez avant le premier entretien votre note plancher éliminatoire sur la capacité de prospection. Si c'est le poste, un 1 sur ce bloc ne se rattrape avec aucun autre bloc, quelle que soit la moyenne. Écrivez-le avant de rencontrer les candidats — après, vous trouverez toujours une bonne raison de faire une exception.

Les mises en situation qui séparent vraiment les candidats

Un entretien sans mise en situation évalue une chose : la capacité à parler de son travail. C'est une compétence réelle, mais ce n'est pas celle que vous payez. Deux exercices suffisent, et ils prennent vingt minutes.

Le jeu de rôle d'appel à froid. Vous êtes un prospect type de votre marché, vous donnez au candidat trois lignes de contexte — secteur, taille, fonction de l'interlocuteur — et cinq minutes de préparation. Puis vous décrochez, dos à lui si possible, et vous êtes ce que vous êtes vraiment au téléphone : pressé, sec, pas hostile mais pas disponible. Ce que vous observez n'est pas la performance : c'est la structure. Annonce-t-il en quinze secondes qui il est et pourquoi il appelle ? Pose-t-il une question ouverte avant de proposer quoi que ce soit ? Que fait-il de votre première objection, et de la deuxième ? Un candidat qui se ferme après un refus et enchaîne sur un argumentaire récité est un candidat qui vous coûtera cher.

« Racontez-moi votre dernière affaire perdue. » C'est la question la plus discriminante de tout l'entretien, parce qu'elle n'a pas de réponse préparée. Trois réponses possibles. Le candidat n'en a pas en tête : soit il ne prospecte pas, soit il n'analyse rien — dans les deux cas, note basse. Le candidat accuse : le prix, le concurrent, le marketing, le client indécis. Note basse également, parce qu'il ne pilote pas ce qu'il contrôle. Le candidat raconte l'affaire avec des détails — le nom du décideur qu'il n'avait pas rencontré, l'étape qu'il a sautée, ce qu'il ferait autrement : note haute, sans hésiter.

Complétez par une question de volume, jamais par une question de résultat. « Sur une semaine ordinaire, combien d'appels aboutis, combien de rendez-vous, combien de propositions ? » Un commercial qui pilote son activité répond en trois secondes avec des nombres. Celui qui répond « ça dépend des périodes » ne mesure rien, et ne se corrigera donc jamais tout seul.

Enfin, testez la compatibilité en montrant une vraie affaire de votre entreprise, anonymisée : le contexte, l'interlocuteur, le montant, le nombre de rendez-vous nécessaires. Demandez comment il l'aurait conduite. Un candidat habitué à des cycles courts et à des paniers de 800 € dira des choses qui ne fonctionneront pas sur un cycle de cinq mois à 40 K€ — et vous le verrez immédiatement, sans avoir à le déduire d'un CV.

Réutiliser la même grille en entretien annuel et en plan de progrès

L'intérêt d'une grille écrite apparaît surtout douze mois après. Reprenez exactement les mêmes six blocs, la même échelle 1 à 4, et faites deux colonnes : la note d'entretien de recrutement, la note d'aujourd'hui. Le delta par critère est une information que ni le chiffre d'affaires ni le ressenti ne vous donneront.

Trois configurations, trois décisions différentes. Les notes ont progressé mais le CA n'est pas là : le problème est probablement en amont du commercial — ciblage, offre, prix, ou volume de leads insuffisant. Les notes ont baissé alors qu'elles étaient bonnes : c'est un signal de démotivation ou d'un problème de management, pas de compétence, et il se traite vite. Les notes n'ont jamais bougé depuis le recrutement : la personne exécute ce qu'elle savait déjà faire et n'a rien appris — c'est là qu'il faut décider si c'est votre encadrement qui manque, ou son plafond qui est atteint.

En évaluation annuelle, ajoutez une colonne que le recrutement n'a pas : ce que l'entreprise a réellement fourni. Le fichier promis a-t-il existé ? Le CRM a-t-il été administré ? Les rendez-vous d'accompagnement ont-ils eu lieu, ou ont-ils sauté quatre fois sur six pour cause d'urgence de production ? Un commercial noté 2 en prospection dans une entreprise qui n'a jamais livré de fichier n'est pas un commercial à 2 — c'est un dispositif à 2.

Le plan de progrès qui sort de là ne doit contenir que deux critères travaillés, pas six. Pour chacun : un comportement observable, une échéance à trois mois, et une modalité de vérification qui ne dépend pas de la bonne foi de personne — nombre d'appels tracés, taux de relance à J+7, complétude des fiches CRM. Un plan de progrès sur six axes est un plan de progrès sur zéro axe.

Enfin, gardez la trace écrite. Deux grilles signées à douze mois d'intervalle, avec des faits datés, transforment une conversation difficile en conversation étayée — que la suite soit une augmentation, une réorientation du poste ou une séparation.

Le modèle

Grille d'évaluation d'un commercial : recrutement et entretien annuel

La colonne de droite est un exemple rempli. Remplacez-la par vos propres valeurs — c'est le seul travail qui compte.

Bloc 1 — Capacité de prospection

La seule compétence non substituable. Note plancher éliminatoire si le poste est un poste de chasse.

Volume d'activité tenu « Sur une semaine ordinaire : combien d'appels aboutis, de RDV obtenus, de propositions émises ? »
4 = trois nombres donnés en trois secondes, cohérents entre eux. 1 = « ça dépend des périodes », aucun chiffre.
Structure de l'appel à froid Jeu de rôle 5 minutes : vous êtes le prospect, pressé et sec, avec deux objections
4 = annonce qui il est et pourquoi en 15 s, question ouverte avant toute proposition, rebond sur les 2 objections. 1 = plaquette récitée, se ferme au premier refus.
Construction du fichier « D'où venaient les contacts que vous appeliez ? Qui construisait la liste ? »
4 = construisait lui-même sa liste, décrit ses sources et ses critères de qualification. 1 = la liste tombait du marketing, ne sait pas comment elle était bâtie.
Discipline du créneau « Quel jour et à quelle heure prospectiez-vous ? Que faisiez-vous quand la journée débordait ? »
4 = créneaux fixes nommés, protégés, rattrapés le lendemain. 1 = « dès que j'avais un moment ».

Bloc 2 — Découverte et écoute

On note ce qu'il demande, jamais ce qu'il raconte.

Qualité des questions posées Mise en situation de premier rendez-vous : laissez-le mener 10 minutes, comptez ses questions
4 = plus de questions que d'affirmations, dont au moins une qui dérange (budget, décideur, échéance). 1 = présente son offre dans les deux premières minutes.
Identification du décideur « Comment saviez-vous que vous parliez à la bonne personne ? »
4 = pose systématiquement la question du circuit de décision et du cosignataire. 1 = découvre l'existence d'un autre décideur au moment du refus.
Reformulation du besoin Demandez-lui de reformuler le contexte que vous venez de lui donner
4 = reformule en termes d'enjeu et de conséquence, pas de produit. 1 = répète vos mots ou passe directement à la solution.
Qualification et renoncement « Racontez-moi une affaire que vous avez décidé d'abandonner, et pourquoi »
4 = donne un exemple précis et des critères d'abandon assumés. 1 = « je ne lâche jamais une affaire » — signal de pipeline encombré.

Bloc 3 — Négociation et défense du prix

La remise consentie est le coût le plus invisible d'un mauvais recrutement.

Réaction à l'objection prix Dites « c'est trop cher » sans autre explication, et regardez ce qui vient
4 = pose une question avant de répondre (« trop cher par rapport à quoi ? »). 1 = propose une remise ou s'excuse du tarif dans les 10 secondes.
Niveau de remise habituel « Quelle remise moyenne accordiez-vous ? Qui la validait ? »
4 = donne un pourcentage, connaît sa marge, cite un cadre de validation. 1 = ne sait pas, ou « je m'alignais sur le concurrent ».
Contrepartie obtenue « La dernière fois que vous avez baissé le prix, qu'avez-vous obtenu en échange ? »
4 = volume, durée d'engagement, paiement comptant, référence signée. 1 = rien, la remise servait à conclure.
Tenue face au silence Après sa proposition tarifaire, ne dites rien pendant dix secondes
4 = attend, laisse le silence travailler. 1 = comble le silence en baissant son prix tout seul.

Bloc 4 — Rigueur et pilotage

CRM, suivi, relances, reporting. Le critère qui prédit le mieux la performance du mois 7.

Tenue de l'outil de suivi « Montrez-moi comment vous suiviez vos affaires. Quand mettiez-vous à jour ? »
4 = mise à jour en fin de journée, décrit ses étapes de pipeline. 1 = « j'ai tout dans ma tête » ou dans un carnet non partagé.
Discipline de relance « Combien de fois relancez-vous une proposition sans réponse, et à quel rythme ? »
4 = un rythme nommé (J+3, J+10, J+21) et un canal différent à chaque fois. 1 = « je relance une fois, après je n'insiste pas ».
Connaissance de ses propres taux « Quel était votre taux de transformation proposition → signature ? »
4 = un pourcentage et la période de mesure. 1 = un ordre de grandeur flou, ou une réponse en euros.
Qualité du reporting « À quoi ressemblait votre point hebdomadaire avec votre manager ? »
4 = arrivait avec ses chiffres et ses affaires à risque identifiées. 1 = attendait qu'on lui demande, ou n'avait pas de point.
Autonomie administrative « Qui rédigeait vos propositions ? Combien de temps après le rendez-vous partaient-elles ? »
4 = les rédigeait seul, sous 48 h. 1 = dépendait d'un support interne, délais non maîtrisés.

Bloc 5 — Résistance et autonomie

Ce que la personne fait de son quatorzième refus du matin, et de ses journées sans manager.

Gestion du refus « Racontez-moi votre dernière affaire perdue » — la question la plus discriminante de l'entretien
4 = affaire précise, part de responsabilité assumée, ce qu'il ferait autrement. 1 = accuse le prix, le concurrent ou le client ; ou n'a aucune affaire perdue en tête.
Comportement en série noire « Votre pire mois : qu'avez-vous changé concrètement la semaine suivante ? »
4 = a augmenté le volume avant de changer le discours. 1 = a attendu que ça passe, ou a remis en cause l'offre dès la deuxième semaine.
Fonctionnement sans encadrement « Décrivez-moi une journée type où votre manager était absent toute la semaine »
4 = même programme, même volume, rend compte spontanément. 1 = a besoin qu'on lui fixe la priorité du jour.
Lucidité sur soi « Sur quoi êtes-vous mauvais, et qu'avez-vous mis en place ? »
4 = une faiblesse réelle et le dispositif de contournement. 1 = une fausse faiblesse (« je suis trop perfectionniste »).

Bloc 6 — Adéquation au poste réel et décision

À remplir AVANT de recevoir le premier candidat. Colonne gauche : votre réalité. Colonne droite : sa note de compatibilité.

Cycle de vente réel Nombre de semaines entre premier contact et signature, chez vous, mesuré
4 = a vendu sur un cycle de durée comparable, décrit comment il entretenait une affaire longue. 1 = vient de cycles d'une visite, aucune méthode de relance longue.
Panier moyen réel Votre montant moyen de contrat, pas celui que vous espérez
4 = habitué à des montants du même ordre, sait justifier ce niveau de prix. 1 = écart d'un facteur 10 ou plus, dans un sens ou dans l'autre.
Niveau d'interlocuteur Qui décide chez vos clients : dirigeant, acheteur, responsable technique ?
4 = a l'habitude de ce niveau et le prouve par un exemple. 1 = n'a jamais eu de dirigeant en face, ou uniquement des services achats.
Part de prospection à froid Le pourcentage réel du temps, sans embellissement. C'est ici qu'on ment le plus
4 = a déjà tenu ce niveau et le revendique. 1 = venait d'un poste à 90 % de leads entrants alors que vous proposez 70 % de froid.
Ce que l'entreprise fournit Fichier, script, CRM, supports, accompagnement terrain : ce qui existe vraiment aujourd'hui
À écrire noir sur blanc et à dire au candidat en entretien. « Rien n'existe, vous construirez » est une réponse acceptable ; la découvrir au mois deux ne l'est pas.
Note globale et décision Somme des notes des blocs 1 à 6, deux évaluateurs, écarts de 2 points ou plus discutés
Décision écrite en trois lignes : oui / non / second entretien avec les 2 points à retrancher. Un 1 en bloc 1 est éliminatoire quelle que soit la moyenne.
Le modèle par email

Gardez-le sous la main.

Recevez la grille complète par email : les 6 blocs de critères, l'échelle de notation 1-4 avec ses repères écrits, les mises en situation d'entretien et la fiche de décision à deux évaluateurs.

Les erreurs qui vident le modèle de son intérêt

Recruter sur le carnet d'adresses

Le carnet appartient à une relation, pas à une personne : il transfère mal, lentement, et il est souvent contractuellement interdit de le transférer. Recrutez comme s'il n'existait pas. S'il se matérialise dans les six mois, c'est un bonus — jamais une hypothèse de plan.

Le seul entretien de conversation, sans mise en situation

Un entretien classique mesure la capacité à parler de son métier, pas à l'exercer. Vingt minutes de jeu de rôle d'appel à froid et une question sur la dernière affaire perdue vous en apprennent plus que deux heures de récit de carrière.

Ne pas écrire le poste réel avant de recevoir

Cycle de vente, panier moyen, niveau d'interlocuteur, part de prospection à froid, moyens réellement fournis : tant que ce n'est pas écrit, vous notez contre un poste imaginaire. C'est la cause n°1 des ruptures avant douze mois, bien avant l'incompétence.

Noter seul

Le dirigeant qui recrute est en situation de besoin : il veut que ça marche et il entend ce qu'il veut entendre. Un second évaluateur — associé, chef d'atelier, intervenant extérieur — n'a pas ce biais. On ne compare pas les totaux, on discute chaque critère où les notes diffèrent de deux points.

Confondre potentiel et résultats

Un candidat brillant en entretien peut n'avoir jamais tenu un volume d'activité, et un profil terne peut passer quarante appels par jour depuis six ans. Le potentiel se note dans les blocs 2 et 5 ; les résultats se vérifient par le volume et la méthode, jamais par l'ancien chiffre d'affaires.

Un commercial recruté sans fichier, sans argumentaire et sans point hebdomadaire échoue quelles que soient ses notes. C'est précisément ce que couvre une direction commerciale à temps partagé : construire le dispositif avant l'embauche, mener le second entretien avec vous, puis tenir l'encadrement des six premiers mois — la période où tout se joue.

Direction Commerciale Externalisée →
FAQ

Questions fréquentes.

Quels critères retenir pour évaluer un commercial ?

Six critères prédisent réellement la réussite en petite structure : la capacité de prospection à froid, la rigueur d'exécution (fichier, relances, mise à jour du suivi), la résistance au refus, la qualité de découverte, la tenue du prix et la compatibilité avec le cycle de vente réel de l'entreprise. Tout le reste est du confort. À l'inverse, quatre critères très populaires ne prédisent rien : le charisme en entretien, le CV d'un grand groupe, le carnet d'adresses promis et l'ancien chiffre d'affaires. Ce dernier est le plus trompeur, parce qu'il dépend d'un contexte — notoriété, prix, leads entrants, portefeuille hérité — qui ne vous suivra pas.

Faut-il ajouter un test de personnalité type DISC ?

Un outil comme le DISC est utile après la décision, pas pendant. Il décrit un style de communication et des préférences de fonctionnement, ce qui aide à intégrer quelqu'un, à adapter son management et à comprendre pourquoi une relation grippe. Il ne mesure ni la compétence, ni la discipline, ni le volume d'activité — trois choses qui, elles, prédisent la performance. Utilisé comme filtre de recrutement, il produit surtout des écartements injustifiés : il n'existe pas de profil comportemental unique du bon commercial, et beaucoup d'excellents prospecteurs ont un profil que la légende dit inadapté à la vente.

Comment évaluer un commercial junior sans expérience ?

On déplace la grille sans la changer. Les blocs 1, 3 et 4 se notent alors uniquement en mise en situation — le jeu de rôle d'appel à froid fonctionne parfaitement avec quelqu'un qui n'a jamais vendu, puisqu'on note la structure et le comportement face au refus, pas la performance. Les blocs 2 et 5 se notent sur des expériences non commerciales : un job étudiant en restauration, un engagement associatif, un sport pratiqué en compétition disent beaucoup sur la rigueur et la résistance. Le bloc 6 reste inchangé. Un point de vigilance : recruter un junior suppose que quelqu'un l'encadre réellement deux à quatre heures par semaine pendant six mois. Si vous ne pouvez pas fournir ce temps, ne recrutez pas de junior.

Peut-on utiliser la même grille en entretien annuel d'évaluation ?

C'est même le meilleur usage qu'on puisse en faire. Reprenez les six mêmes blocs et la même échelle 1 à 4, en affichant côte à côte la note de recrutement et la note d'aujourd'hui. Le delta par critère vous dit ce que ni le chiffre d'affaires ni le ressenti ne diront : progression réelle, plafond atteint, ou démotivation. Ajoutez une colonne absente du recrutement, celle de ce que l'entreprise a réellement fourni — fichier, CRM, accompagnement terrain, points hebdomadaires effectivement tenus. Un commercial noté 2 en prospection dans une entreprise qui n'a jamais livré de fichier n'est pas un commercial à 2.

Combien de candidats faut-il recevoir avec cette grille ?

Trois à cinq en entretien structuré, jamais un seul. Une grille remplie une fois ne produit aucune information : les notes n'ont de sens que comparées entre elles, parce que c'est l'écart entre candidats qui révèle vos propres exigences. Si vous n'avez qu'un candidat, votre problème est en amont — l'annonce, le salaire affiché ou l'attractivité du poste tel qu'il est décrit. Recruter faute de mieux est la décision la plus chère de la liste.

Que faire quand un commercial en poste obtient de mauvaises notes ?

Distinguer d'abord la compétence du dispositif. Vérifiez ce qui a été fourni : fichier, argumentaire, CRM administré, rendez-vous d'accompagnement réellement tenus. Dans une majorité de cas en TPE, la moitié de l'écart s'explique par ce que l'entreprise n'a pas livré. Ensuite seulement, construisez un plan de progrès sur deux critères — pas six — avec pour chacun un comportement observable, une échéance à trois mois et une vérification qui ne dépend de la bonne foi de personne : appels tracés, taux de relance, complétude des fiches. Si à trois mois rien n'a bougé sur ces deux critères précis, la conversation qui suit est étayée par des faits datés plutôt que par une impression.

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